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Révolutions

Jean Marie Gustave Le Clézio

Très bon état

Résumé :

Itinéraire d’un garçon pris dans les affres de l’histoire… Tel est l’objet de cet époustouflant roman de Le Clézio, Révolutions, qui n’est pas sans laisser penser aux œuvres de John Dos Passos. Ici, les aventures d’un jeune homme sont celles de Jean Marro, de nationalité britannique mais français, né à Ipoh en Malaisie, ayant fait ses premiers pas sur l’île Maurice, et grandissant dans une petite ville de la Côte d’Azur, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Son enfance et son adolescence, illuminées par les récits chaleureux et nostalgiques de sa tante, tout imprégnés d’ambiances mauriciennes, s’accompagnent des soubresauts politiques traversant le monde, des souvenirs de la Grande Guerre de 14, aux guerres d’Indochine puis d’Algérie. Un temps de décolonisation, d’indépendances ici et là, de révolutions. Un temps qui se double d’un autre (raconté sous la forme d’un journal intime), celui de ces premiers émigrants, partis de Bretagne en 1792, enrôlé dans l’armée révolutionnaire avant de s’installer sur les rives de l’île de France, devenue plus tard l’île Maurice. De ces Bretons au bout du monde à Jean Marro, il pourrait n’y avoir qu’un fil tendu. Affaire de filiation, de quête des origines aussi. Entre descendance et génération se correspondent destins, noms et lieux, de bonds en rebonds, d’échos en ricochets. Voilà tout le récit polyphonique, de héros de fiction, de personnages, de souvenirs, d’anecdotes, entrelardé d’airs de Luis Mariano, cependant que sur les écrans défilent Clark Gable et James Dean, les films de Fellini et d’Antonioni… Dans Le Rêve mexicain ou la pensée interrompue, Le Clézio avait déjà introduit des portraits dans une histoire de civilisation. Ici, il tisse son récit comme une toile d’araignée, où tout s’imbrique, se mêle, où l’histoire intime croise l’histoire universelle, où les événements se cognent aux individus. On le savait écrivain. Il se fait brillamment architecte de l’histoire. –Céline Darner « La mémoire est une chose terrible (.). Jouissance et souffrance à la fois, une substance qui se développe et se rétracte, sans qu’on puisse rien faire pour la diriger. » Né à Ipoh, en Malaisie, citoyen de la couronne britannique, Jean Marro passe la plus grande partie de son enfance à l’Ile Maurice, sur laquelle son ancêtre Jean Eudes a débarqué au dix-huitième siècle. Tous les après-midi, en sortant de l’école, il se rend à la Kataviva, un immeuble à la façade décrépite où réside une vieille tante aveugle. Jean ne cherche ni des souvenirs, ni des idées. Tout juste à connaître le secret dont Catherine Marro est la dernière gardienne : Rozilis, la demeure perdue, l’Eden dont les siens ont été expulsés. Catherine, qui l’a choisi pour lui transmettre sa mémoire, exhume pour lui des trésors inépuisables. Au fil de ces rendez-vous où la musique des mots se mélange au pain perdu et à l’odeur du thé vanillé, Jean découvre les mystères du passé. Et si l’entrée progressive dans l’adolescence, puis dans les débuts de l’âge adulte, lui propose d’autres sujets de réflexion, l’amour des filles ou la hantise de la fin de son sursis d’incorporation en pleine guerre d’Algérie, s’il vit à Londres, au Mexique et à Paris, il porte à jamais en lui l’histoire familiale qui l’a fasciné. Un roman émouvant, d’une élégance presque désespérée, fort d’une réflexion poignante sur les fantômes personnels, le passé et la mémoire : Le Clézio offre avec Révolutions l’une de ses plus belles réussites littéraires. Les années 6o, la peur, la colère, les jeunes filles… tout un passé, tout un roman … Le roman commence avec la visite de Jean, le narrateur, chez sa tante. Il revient de l’école. Plongée dans le temps. Le livre est une machine à éclairer son passé. Et, là-dedans, rien de compatissant ou de sucré. Grâce aux récits de la tante, le narrateur comprend qu’une partie de sa famille a vécu à l’île Maurice. Mais il y a des trous, des cachettes, des silences, des ombres immenses. L’enfant se loge dedans. Il médite. Parallèlement, une autre branche de sa famille, bretonne, vit sa vie du côté de Lorient. Cela nous vaut le récit d’un jeune homme quittant son village, séduit par des idées révolutionnaires. Il combattra à Valmy. Pages magnifiques. Embarquement de ce Breton pour l’Isle de France le 30 Thermidor de l’an VI… Magnifique ! … Cependant, la surprise du livre vient d’ailleurs. Description de Nice pendant la guerre d’Algérie. Les étés lourds, la mer plate, les palmiers immobiles, le racisme anti-arabe, les volets clos. Les informations qui égrènent le nombre d’accrochages et de fellaghas tués. Le contingent qui meurt dans les Aurès… C’est le mur noir du mensonge, de la honte, de l’angoisse que Le Clézio dresse, abrupt, au centre de son livre. La peur de sa génération devant cette guerre … Ce sont des morceaux d’anthologie pour qui aime Le Clézio, cette manière de rendre vivante et souple l’étoffe du monde, et de donner vibration à un visage, une rue, un toit-terrasse. «Ce n’est pas le paradis qui est perdu, c’est le temps avec ses révolutions. Nice, dans les années cinquante et soixante, était l’endroit rêvé où rendre un culte intérieur et un peu désespéré à l’île Maurice de mes ancêtres. La réalité semblait ne cesser de s’y transformer, des populations très pauvres, venues de tous les coins de l’Europe et de l’Asie, des Russes, des Italiens, des Grecs, des émigrés africains, et les premiers rapatriés fuyant la guerre d’Algérie, s’y croisaient chaque jour, et quelque chose de la fabrication de la pensée classique, c’est-à-dire de la philosophie, y était encore perceptible. Peut-être, à un degré différent et sur un autre mode, ce qu’était Alger ou Beyrouth à la même époque. L’exil, la recherche d’une terre, font partie de ce qui m’a été donné premièrement. Il m’a toujours semblé, comme l’a dit Flannery O’Connor, qu’un romancier doit être porté à écrire sur les premières années de sa vie, où le principal lui a été donné.» J M G Le Clézio. Ce roman marque une nouvelle étape dans l’ouvre de J. M. G Le Clézio. Cette grande fresque retrace le destin de Jean, le narrateur, à travers la France (en particulier la ville de Nice), l’Europe, le Mexique, l’île Maurice. Ces voyages successifs sont autant d’occasion, pour l’auteur, de faire courir le livre sur deux siècles d’Histoire de la France, qu’il s’agisse de l’influence de la Révolution ou encore, par exemple, de la colonisation de l’île Maurice ou de l’expédition du Mexique. Mais c’est aussi le roman le plus ouvertement autobiographique de J. M. G Le Clézio, avec, notamment, le récit d’une expérience très dure directement liée à la guerre d’Algérie. Sans jamais prendre agressivement parti ou suivre une thèse, Révolutions est un livre plutôt apaisé, au rythme lent, empreint de tendresse et de scepticisme, et où l’auteur s’expose comme il ne l’avait jamais fait jusqu’à présent.

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Caractéristiques :

Auteur : Jean Marie Gustave Le Clézio

ISBN 13 : 9782070768530

ISNB 10 : 2070768538

Nombre de pages : 560

Éditeur : Gallimard

État du livre : très bon état

Reliure : broché

Poids : 530 gr

Largeur : 14 cm

Longueur : 20.5 cm

Épaisseur : 3.51 cm

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