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Les portes du sang

6,50

Les Portes du sang s’ouvre sur une précieuse préface où Michel del Castillo prend le temps d’expliquer au lecteur que ce qu’il tient entre les mains est bien un roman et non pas une autobiographie. À ce titre, ce texte appartient au domaine de l’Art, dont la fonction première est de transfigurer la douleur de toute existence. Même si la matière fictionnelle des Portes du sang entretient une relation étroite avec la vie propre de Michel del Castillo – gamin né sous le franquisme qui a fui la guerre en compagnie de sa mère – il n’est en rien réductible à cette donnée biographique brute et immédiate. Ici, le seul point commun entre la vie et l’œuvre du romancier concerne l’interrogation de la nature des relations entre une mère et son fils. La littérature est à ce prix, dans le ressassement d’une énigme : la mère de Michel del Castillo éprouvait-elle de l’amour pour lui ou s’en servait-elle pour obtenir des avantages en temps de guerre ? Question abyssale… qui se posera à l’égard de l’héroïne Clara del Monte. Après avoir fui l’Espagne franquiste avec son fils Tchoun-tchoun, après avoir été ballottée entre le camp d’internement de Rieucros, la Lozère, Vichy et le Sud de la France, Clara delo Monte s’est-t-elle servie de son fils de six ans pour améliorer son sort ? Cinquante ans plus tard, Tchoun-tchoun s’appelle Xavier Montel et est devenu pianiste. Elisa, une amie, tente d’en savoir plus sur son enfance… Fuyant l’Espagne et le franquisme triomphant, Clara del Monte et Tchoun-Tchoun, son fils de six ans, arrivent dans une France qui se prépare à son tour à la guerre et où tous deux vont connaître les tourments des exilés : internement dans le camp de Rieucros, en Lozère, errance entre Vichy, Montpellier et Marseille. Selon les témoins qu’interrogera cinquante ans plus tard Élisa Toldo, une amie de l’enfant entre-temps devenu le célèbre pianiste Xavier Montel, l’énigmatique, scandaleuse et flamboyante Clara perd alors le pouvoir de conduire sa vie à sa guise. Soumise à des forces qu’elle ne contrôle plus, il lui faut désormais user d’expédients, quémander, se lancer dans de mystérieuses intrigues. Et Tchoun-Tchoun, encore marqué par la terreur de la guerre civile, s’accroche à cette mère incompréhensible qui tantôt le protège et tantôt le rejette. Comment expliquer cette passion entourée de violence ? Les faits sont là mais leur sens ne cesse de se dérober : face à l’enquête d’Élisa, Xavier peut-il voir dans l’enfant qu’il fut la victime expiatoire de Clara ? Après les Étoiles froides, ce roman orchestre, développe et module les thèmes chers à l’auteur : la manipulation, la trahison, le mensonge, mais aussi le rôle salvateur de l’art. Écrire, c’est débrider les plaies. Ainsi s’exprime Michel del Castillo dans la préface d’un roman qui porte sur sa mère. C’est dire que Les Portes du sang appartient au registre de l’autobiographie, mais une autobiographie qui cherche non à dire la vérité mais à « en construire une », comme dans un roman. À partir de témoignages, de lettres, de documents administratifs ou de ses souvenirs propres, Michel del Castillo mène l’enquête. Qui était sa mère, Clara del Monte, cette femme superbe et provocante ? Une révolutionnaire ? Une traître ? Une vulgaire espionne ? On tourne les pages dans l’espoir, comme l’auteur, comme chaque personnage de la vie de Clara, d’avoir enfin une réponse. Comme tous, on passe d’état d’âme en état d’âme sans jamais trouver la clé définitive, celle qui nous permettrait de SAVOIR. Une seule chose est sûre : Clara del Monte a été une mère destructrice, à l’instar de celle que Daniel Arsand, dans Lily, nous proposait à la dernière rentrée littéraire. Au-delà de l’histoire personnelle, Les Portes du sang nous fait revisiter la page angoissante de l’histoire du fascisme en France. Une revisite nécessaire à une époque où il est plus qu’utile de ne pas oublier. –Isabelle Magnien Animé non par la volonté de juger, mais par celle de comprendre, par la nécessité de trouver un sens à une réalité insupportable, de roman en roman, Michel del Castillo enquête inlassablement sur sa mère, en quête de lui-même. … Dans « Les Portes du sang », le romancier utilise le même procédé que dans « Les Etoiles froides ». Comme s’il avait besoin de filtres pour se protéger de ce qu’il va découvrir, il met en scène une narratrice, Angelina, une étudiante en littérature, qui hérite de sa tante Elisa une biographie inachevée de Clara del Monte. A elle de poursuivre l’enquête. Le roman se présente donc comme un recueil de témoignages de tous ceux qui ont approché Clara et, surtout, son fils Xavier devenu un célèbre pianiste. … Del Castillo ne verse jamais dans le manichéisme, les sentiments sont réversibles, la haine est à la mesure de l’amour fou. On sort des « Portes du sang » ébloui et lessivé.

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ISBN 13 : 9782020599528

ISNB 10 : 202059952X

Nombre de pages : 374

Éditeur : Seuil

État du livre : très bon état

Reliure : broché

Poids : 575 gr

Largeur : 14.61 cm

Longueur : 22 cm

Épaisseur : 3.1 cm

Auteur : Michel Del Castillo

L’édition livrée peut éventuellement différer de celle commandée.

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