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Les grands malheurs

3,15

«Je suis un vieil homme habité par la guerre. Chaque fois que j’ai cru l’avoir distancée, un événement est survenu qui l’a lancée à mes trousses. Vieille bête hargneuse, elle me suit à la trace et ne cesse de grogner à mes pieds. Elle habite ma vie depuis mon enfance et c’est sans illusion que je me remets à parler d’elle. On n’apprivoise pas la guerre. Même lorsque l’on croit l’avoir muselée et enfermée dans un recoin muet de la mémoire, elle demeure en éveil. Un rien la fouaille et la pousse à mordre à nouveau. Si j’ai décidé de raconter la vie de Xavier Roissard, c’est que ce vieux vigneron m’est apparu comme un frère. C’est qu’il est un homme parmi les hommes, douloureux et chargé d’un énorme fardeau, comme des millions d’êtres qui n’ont pas mérité que tant de malheurs s’abattent sur eux et sur leurs proches.» Bernard Clavel «(…) un récit brut, puissant et efficace, avec une inébranlable force de conviction.» P.V. – Valeurs Actuelles Tous les grands succès de Bernard Clavel sont chez Pocket Extrait du livre : La mère Dufrène est âgée de quarante et un ans quand éclate la guerre de 14. Son mari est mort deux ans plus tôt, la laissant seule avec un fils et une fille. Et avec ce modeste domaine d’un vignoble qui ne rapporte pas lourd. C’est là qu’elle se met à élever des lapins angoras. Mais leur tonte ne fait qu’ajouter un tout petit peu de beurre dans la soupe maigre. Le fils, Arthur, a vingt-cinq ans ; la fille, Noémie, vingt-six. Vingt-cinq ans en 1914, ça n’a rien de réjouissant sauf pour quelques embusqués et certains industriels. Mobilisation : les larmes de la mère et de la fille. Le départ. À l’époque, les Dufrène ont encore un cheval. Tandis qu’Arthur part à Lons-le-Saunier, à la caserne, avec sa musette et un vieux panier à couvercle où il a mis trois bouteilles de son vin, la mère va mener le cheval à la réquisition. Et c’est bien ça, le plus triste. Un beau cheval de cinq ans. Perdu très vite dans la masse des centaines de chevaux rassemblés dans la cour de la gare pour être embarqués. La vue brouillée par les larmes, Antonine Dufrène restera longtemps à essayer de suivre des yeux son Brunon. Elle vient de découvrir à quel point elle l’aime. Un cheval, ça n’est pas comme un homme, ça ne sait pas se débrouiller. Si on lui fait du mal, il ne peut pas se défendre. Noémie a accompagné Arthur jusqu’à la grille de la caserne. Elle l’a suivi des yeux jusqu’à ce qu’il se perde dans la foule des hommes comme Brunon s’est perdu dans la foule des chevaux. Puis elle a retrouvé sa mère qui remontait de la gare. – Alors ? – Le pauvre. – Et ton frère ? – Le pauvre. Finalement, c’est la même chose. Un homme. Un cheval. Peut-être la mort pour les deux. En tout cas : la souffrance. – Et y a pas mal de monde qui chante et qui rigole. Il se boit beaucoup de vin et de goutte. – Qu’est-ce qu’on va faire, nous deux ? – Je sais pas. Sûrement pas chanter ni nous saouler. – La vigne ? – Ma foi… Reverchon, peut-être ? Reverchon, un voisin qui a un cheval comme lui : trop vieux pour être mobilisé, va leur donner un coup de main. Faire le plus gros. Le plus dur. Le reste : deux femmes et deux pioches. Les mains comme de l’écorce de chêne. Les reins moulus. De la sueur en veux-tu en voilà !… Avec des larmes.

Disponibilité : 2 en stock

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ISBN 13 : 9782266161244

ISNB 10 : 2266161245

Nombre de pages : 503

Éditeur : Pocket

État du livre : très bon état

Reliure : poche

Poids : 256 gr

Largeur : 11 cm

Longueur : 17.81 cm

Épaisseur : 2.31 cm

Auteur : Bernard Clavel

L’édition livrée peut éventuellement différer de celle commandée.

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