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Hergé, fils de Tintin

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Après la biographie-fleuve de Pierre Assouline, sobrement intitulée Hergé, le « tintinologue » Benoît Peeters dissèque à son tour l’existence du papa du célèbre reporter en culottes courtes. Non seulement Peeters connaît son sujet par cœur – on lui doit notamment Le Monde d’Hergé, beau livre qui analyse les méandres de l’œuvre, textes et images mêlés –, mais il a pu accéder à des sources inédites. En particulier, les correspondances entre Hergé et sa première femme, Germaine Kieckens, ainsi que les nombreux courriers échangés avec Marcel Dehaye, son premier secrétaire. Le résultat est passionnant. La « bio » d’Assouline avait fait grand bruit pour ses pages consacrées à la période sombre de la collaboration. Peeters, lui, s’intéresse de près à ses soubresauts psychologiques et analyse avec minutie sa contribution à l’élaboration des codes de la bande dessinée. Persuadé – à raison – qu’il restait des choses à dire, il montre que le personnage de papier qu’était Tintin a longtemps « inventé » Hergé – d’où le titre de sa biographie. Il lui a permis de se façonner : en tant que créateur, mais aussi comme individu. Pourtant, conséquence inattendue, cette évolution du dessinateur et scénariste a fini par l’éloigner de sa créature… Peeters raconte que dès la fin de la guerre, Hergé est fatigué de Tintin. L’épuration dont il a été la victime n’a certainement rien arrangé. Mais l’épuisement physique et moral dans lequel il se trouve (il travaille comme un forcené depuis plus d’une quinzaine d’années) joue aussi beaucoup dans cette lassitude à l’égard de Tintin. À tel point qu’Hergé songera même à quitter la Belgique pour s’installer en Amérique du Sud… Car le Hergé de 1947 n’est plus celui des premières années, comme il s’en explique : « (…) Je suis las d’être un mécanisme à pondre des histoires dont, je le sens bien (et pour toutes sortes de raisons), je me détache de plus en plus. » Peeters raconte les dépressions, les « fugues » à l’étranger – en Suisse, notamment – et les tensions avec Raymond Leblanc, l’éditeur de l’hebdomadaire Tintin, qui en découlent : les périodes d’absence du héros se multiplient, faisant naître frustration et incompréhension chez les lecteurs… Avec le temps, les choses ne s’améliorent pas : Hergé s’éloignera de plus en plus de son personnage et de la bande dessinée – dont il se demande si elle est capable de restituer la vie intérieure – pour se tourner vers la peinture, la philosophie orientale et la recherche d’une vérité personnelle. Peeters ne cache rien des mauvais côtés d’Hergé : sa dureté avec les autres, son incapacité à prendre une décision, ses choix politiques pendant la guerre, ses dessins antisémites, comme ces deux cases odieuses de L’Étoile mystérieuse, parues dans le quotidien Le Soir. Mais son livre comporte aussi bon nombre de pages admirables qui analysent la grandeur de l’œuvre et le talent de créateur d’Hergé : il montre que celui-ci a largement contribué à mettre sur pied les codes narratifs propres à la bande dessinée, et qu’il a su porter à son sommet l’art de la narration séquentielle. Son livre invite à ne nourrir aucune illusion sur l’individu – humain, parfois même un peu trop – qu’était Hergé. Mais il constitue aussi la plus belle invitation à relire avec attention son œuvre, d’une maîtrise et d’une originalité sans équivalent dans l’histoire du 9e art. –Philippe Actère « Tintin, c’était moi, avec tout ce qu’il y a en moi de besoin d’héroïsme, de courage, de droiture, de malice et de débrouillardise. C’était moi, et je t’assure que je n’avais pas à me demander si cela plaisait ou non aux gosses. Et les sujets que je choisissais, c’étaient des sujets qui me tenaient à cœur, où je trouvais quelque chose à dire, où j’avais quelque chose à dire », écrivait un jour Hergé. Par-delà leur apparente simplicité, Les Aventures de Tintin, qui ont enchanté plusieurs générations de lecteurs dans le monde, constituent une autobiographie indirecte, une sorte de journal à travers lequel se donnent à lire tous les événements, publics ou privés, qui marquèrent Georges Remi, dit Hergé. Mais, dans ce singulier roman de formation, c’est surtout le personnage qui a construit son auteur. Le jeune employé du quotidien Le Vingtième Siècle était parti de bien peu de choses. Album après album, Tintin a fait l’éducation d’Hergé, le conduisant vers des horizons inimaginables. Cette aventure méritait, je crois, d’être racontée. B.P.

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ISBN 13 : 9782082100427

ISNB 10 : 2082100421

Nombre de pages : 511

Éditeur : Flammarion

État du livre : très bon état

Reliure : broché

Poids : 675 gr

Largeur : 15.19 cm

Longueur : 24 cm

Épaisseur : 3.4 cm

Auteur : Benoît Peeters

L’édition livrée peut éventuellement différer de celle commandée.

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