Génération Raider
Léon Meganck
Très bon état
Résumé :
Chargé de rédiger une sociologie des bars de la capitale, Jason Van Bon, «mercenaire de l’écriture», se lance à corps perdu dans ce boulot à la forte odeur d’alcool et de rencontres improbables. De bistrot en troquet, il découvre finalement autre chose… L’amour et l’amitié le sauveront, mais pour un temps seulement, car les médias annoncent le Grand Truc, l’éclatement du pays, pour les mois à venir. Conscient qu’il vit un moment charnière de son existence, Van Bon relativise et se dit que tout ce qui nous entoure est appelé à être modifié, à changer d’aspect ou de nom, à l’image de ces biscuits nappés de chocolat que sa génération – celle des trentenaires en plein naufrage existentiel – appelait Raider. Marc Meganck est né en 1975 à Bruxelles. Historien, il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la capitale. Génération Raider est son premier roman. Extrait du livre : CONSTAT. Les habitués n’aiment pas voir une nouvelle gueule dans leur rade. Surtout quand le type reste seul, ne dit rien et prend des notes dans un petit calepin en observant ce qu’il se trame autour de sa carcasse. Franchement, je ne le sens pas ce bouquin. Je me suis perdu en route et on m’a collé une étiquette sur le dos. Je me rassure en me disant que c’est la trajectoire de la plupart des gens. Chercher son chemin, s’enfoncer dans une direction et s’y tenir car tout retour en arrière est impossible : les bas-côtés sont tellement mal aménagés qu’au moindre coup de frein on se casse la gueule. Depuis qu’on m’a conseillé d’aller vers les «sciences humaines», j’écris des livres que je n’aime pas. J’accepte de traiter des sujets qui ne correspondent que de très loin à mon idéal. En somme, je gagne ma croûte. On peut me définir comme un mercenaire de l’écriture, voire une sorte de Bouvard et Pécuchet du vingt et unième siècle, avide d’expériences (d’écriture) jamais couronnées de succès. Le moins que l’on puisse dire c’est que je ne suis pas un habitué de ce troquet. Je m’y suis collé pour le boulot. Ça sent les chiottes et la lumière est blafarde. Pour l’instant je n’arrive pas à définir clairement la clientèle. Une demi-douzaine d’habitués, tranche horaire : 16h30-21h00, tous les jours de la semaine. Ils boivent de la bière au bar. Leurs gestes sont très précis, mécaniques. Leurs paroles inaudibles. Ils ne dégagent qu’un brouhaha collectif, en somme, le langage des bars, une rumeur criarde. Je sens qu’ils n’apprécieraient pas que je vienne me joindre à eux contre le zinc. Je ne saurais d’ailleurs pas quelle attitude adopter. Probablement que je resterais très rigide et silencieux, face à mon verre, les bras ballants, regardant le liquide diminuer à chaque gorgée. C’est pourquoi je me suis installé dans un coin, à une table presque plongée dans l’obscurité. J’observe les habitués s’agiter. J’ai l’impression de regarder un documentaire animalier à la télévision. Parfois, ma vision se brouille, le sang bat dans mes tempes et je repense à ce maudit drapeau. J’imagine alors cent façons de le faire taire. Faire taire un drapeau, j’aime bien ce concept. Je crois qu’elle est entrée par la fenêtre. J’en suis même convaincu. Le matin, c’est devenu un rituel. Rasé, douché et branlé, je mets ma casquette Vins-SWISS, j’ouvre la fenêtre, et, pendant un long moment, je regarde le drapeau. La petite souris a dû profiter de l’un de ces instants pour s’engouffrer dans l’appartement. Je ne l’ai plus vue depuis plusieurs jours, mais je sens sa présence. Au début, j’avais éprouvé un dégoût profond pour ce petit animal qui s’était introduit dans mon quotidien sans aucun consentement. Mais je me suis finalement habitué à cette compagnie même si je sais qu’un de ces jours il faudra en finir, qu’il faudra mettre un terme à cette relation ambiguë. Je me suis mis dans le canapé et j’ai allumé la télévision. C’est généralement à ce moment-là qu’elle daigne se montrer, qu’elle apparaît le long du mur. À la télé, un couple présente un produit qui est censé rendre les dents «super blanches». Des volontaires se sont prêtés au jeu. On les voit peindre leurs dents avec des petits pinceaux jetables. L’efficacité du produit est garantie pour six semaines. Après quoi, il faut tout recommencer, comme un peintre en bâtiment devant une façade sans cesse souillée par la pollution et la pisse des chiens. Mais, nuance, cela ne fonctionne que si on arrête de fumer, de manger gras et de boire de l’alcool, sinon, le blanc ne colle pas. J’ai éteint la télé et j’ai pris une bière dans le frigo. La souris sortira peut-être de sa cachette demain. J’ai regardé cette saleté de drapeau et je me suis dit qu’il fallait agir. J’ai écluse ma bière. Direction le pub irlandais le plus proche pour tenter d’oublier tout ça devant une pint of Guinness. Gordon a promis de venir me «soutenir».
Prix
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Disponibilité : 1 en stock
Toujours en très bon état
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Caractéristiques :
Auteur : Léon Meganck
ISBN 13 : 9782872691722
ISNB 10 : 2872691723
Nombre de pages : 211
Éditeur : Bernard Gilson éditeur
État du livre : très bon état
Reliure : broché
Poids : 245 gr
Largeur : 19 cm
Longueur : 11.99 cm
Épaisseur : 1.5 cm
L’édition livrée peut éventuellement différer de celle commandée.
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